Quand Washington persiste à financer les sulfureux Casques blancs ….

6,6 millions de dollars, c’est le joli pactole que les autorités américaines ont décidé de partager entre l’ONU … et les «Casques blancs». S’ils sont présentés dans les médias occidentaux comme des secouristes, ils se distinguent surtout par leurs opérations de propagande, parfois même par une confusion des rôles entre djihad et secours.

Nos confrères, toujours avides de débusquer des «fake-news», ne devraient-ils pas se tourner vers le gouvernement américain? Dans un communiqué de presse publié le 14 juin sur son site, le Département d’État annonce que le Président Donald Trump vient d’autoriser l’USAID à verser «approximativement» 6,6 millions de dollars (5,6 millions d’euros) au Mécanisme international, impartial et indépendant (IIIM) de l’Onu et à «la défense civile syrienne».

Une information peu surprenante en soi: en effet tout comme le Foreign Office britannique (en témoigne, notamment, cette vidéo twittée par Boris Johnson), l’USAID n’a jamais caché son soutien financier aux sulfureux «Casques blancs».

Cependant, cette somme supposée permettre «la poursuite des opérations vitales, de premiers secours, de la Défense civile Syrienne, plus communément connue sous le nom de Casques blancs.»

Une affirmation qui, dans un contexte moins dramatique que celui d’une guerre qui perdure depuis plus de 7 ans, prêterait à sourire. Comme nous l’avons expliqué à plusieurs reprises, les «Casques blancs» n’ont strictement rien à voir avec la Défense civile Syrienne qui, elle, est reconnue par l’Organisation internationale de Protection civile (OIPC), l’ONU, l’OMS ou encore le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Or, si aujourd’hui les Casques blancs semblent s’être finalement résignés à admettre ce point qui a pourtant contribué à constituer leur crédibilité aux yeux des médias occidentaux, ni ces derniers, ni le Département d’État n’ont cessé d’utilisé ce nom récupéré en 2013 par James le Mesurier, un ancien officier britannique reconvertit dans le mercenariat, à l’origine de cette fameuse «ONG médicale».

Rappelons également que la vraie Défense civile syrienne, intervenant des deux côtés du conflit, a été «ciblée, leur équipement volé, leurs équipes massacrées,» comme le relatait à notre micro la journaliste Vanessa Beeley en octobre 2016, alors qu’une délégation de Casques blancs était reçue en grande pompe à l’Assemblée nationale et à l’Élysée.
Nous étions alors en pleine reprise d’Alep par les forces gouvernementales syriennes, la guerre informationnelle faisait rage et ces «fameux secouristes», leurs photos et vidéos accusant en permanence lesRusses et l’armée gouvernementale syrienne tombaient à point nommé !

​De son côté, la presse occidentale était sous le charme et portait aux nues ses nouveaux «héros». Présentés comme les victimes d’une «campagne de désinformation sans précédent» sur la Toile, d’«activistes anti-impérialistes», de «conspirationnistes» et de «trolls, avec le soutien du gouvernement russe», les efforts des Casques blancs avaient même fini par payer…

En effet, leur dernier coup d’éclat il y a tout deux mois, digne d’une fake-news de Collin Powell, avait été couronné de succès en aboutissant à une série de frappes occidentales sur de prétendues installations chimiques du gouvernement syrien.
Postant une vidéo où l’on voyait des civils s’asperger d’eau, ainsi que des photos de personnes en détresse respiratoire, l’«ONG médicale» avait accusé Damas d’avoir perpétré une énième attaque chimique meurtrière sur les populations de la Douma, un quartier aux mains des insurgés radicaux, sur le point d’être repris par l’armée syrienne.

Une attaque chimique du gouvernement syrien, une balle que les chancelleries occidentales se sont empressées —notamment sous la pression médiatique- de prendre au bond. Pourtant, la thèse d’une attaque chimique fut rapidement démontée par l’absence de cadavres ou de signe de ces victimes dans les hôpitaux environnants, ainsi que par les témoignages recueillis par des journalistes occidentaux s’étant rendus dans les ruelles de la Douma libérée. Passée la polémique médiatique autour d’une supposée tentative d’entrave des forces russes à l’enquête de l’OIAC (des accusations portées par Londres), plus jamais nous n’entendîmes parler de cette affaire dans la presse.

Espérons que cet argent américain de contribuera pas à une énième tentative de déstabilisation du gouvernement syrien et ainsi ne contribuera pas faire durer- encore plus- le conflit dans ce pays frappé par la guerre depuis bien trop longtemps.

Maxime Perrotin