Le président ukrainien Petro Porochenko a limogé aujourd’hui, à moins d’un mois de la présidentielle, un proche haut placé dans les instances de sécurité de son pays, impliqué dans un scandale de détournement de fonds dans l’armée.
Eclaboussé par cette affaire embarrassante à un moment où il est en difficulté dans les sondages et où il est accusé d’inaction face à la corruption, Petro Porochenko a annoncé avoir signé le décret limogeant Oleg Gladkovski de son poste de secrétaire adjoint du Conseil national de sécurité et de défense afin d’assurer « une enquête honnête, impartiale et objective ».
Il a appelé le Bureau anticorruption national (NABU) et le parquet spécialisé dans ce type d’affaires à « mettre les points sur les i ». « Ni son poste, ni ses relations, ni le fait de connaître le président depuis longtemps ne le sauveront », a assuré Porochenko, qui s’exprimait à l’occasion d’un déplacement dans le sud montré en direct sur sa page Facebook.
Accusé depuis longtemps par ses détracteurs de couvrir la corruption de ses proches, Porochenko, un riche homme d’affaires arrivé à la tête de l’Etat à la suite du mouvement pro-occidental du Maïdan, brigue un deuxième mandat à la présidentielle dont le premier tour se déroule le 31 mars, mais n’est guère assuré de remporter ce scrutin.
Selon les journalistes d’investigation du projet « Nachi Grochi » (« notre argent » en ukrainien), son partenaire d’affaires Oleg Gladkovski, ainsi que le fils de ce dernier, sont impliqués dans une vaste opération de détournement de fonds publics dans les années 2015 à 2017. Ces hommes, poursuivent les mêmes sources, ont utilisé des sociétés-écrans, dont une usine à Kiev ayant appartenu à Porochenko au moment des faits, pour vendre à des prix artificiellement gonflés à l’armée ukrainienne des pièces détachées illégalement importées de Russie en Ukraine. Ces révélations dont une nouvelle série est attendu ce soir ont suscité de vives critiques en Ukraine, confrontée depuis 2014 à une guerre avec les séparatistes prorusses sur son territoire. Elles sont d’autant plus embarrassantes que Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les rebelles.
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