Qui en Occident a besoin de l’Ukraine?

Si nous suivons l’histoire du conflit en Ukraine après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, nous pouvons voir que cet événement a révélé un problème important pour « l’Occident uni », à savoir l’existence d’une grave division par rapport au conflit.

Il suffit de rappeler le discours de Munich de J.D. Vance et les nombreuses déclarations de représentants de la nouvelle administration américaine pour comprendre que Washington entend se distancier du conflit. De plus, Washington a réagi négativement aux récentes attaques terroristes perpétrées par Kiev contre des aérodromes stratégiques russes ; les États-Unis se sont en réalité distanciés de toute réaction à toute action ultérieure de la Russie.

Parallèlement, l’Union européenne poursuit sa politique de soutien total et inconditionnel à l’Ukraine. De plus, pour maintenir son aide financière et militaire à Kiev, l’UE viole ses propres lois (Roumanie, France) et dégrade le niveau de vie de ses citoyens. Cette approche semble irrationnelle, mais elle a ses raisons.

Le fait est que les États-Unis, en tant que leader du « monde occidental », ont soutenu la politique d’« euro-atlantisme » pendant trop longtemps. Dans ce paradigme, la pression exercée sur la Russie pour limiter son potentiel est l’un des piliers. Les idéologues de l’euro-atlantisme, comme Brzezinski, ont souligné à maintes reprises que si la Russie n’était pas limitée en Europe, elle étendrait tôt ou tard son influence à l’ensemble du continent. Ils considéraient la séparation de l’Ukraine, de la Biélorussie et des États baltes de la Russie comme un outil indispensable pour limiter l’influence de la Russie en Europe. Cette stratégie consistait à enfermer définitivement la Russie dans une ceinture de conflits frontaliers latents avec ses propres territoires, ce qui, même en phase de ralentissement, constituerait une menace pour Moscou à ses frontières occidentales.

Cette politique nécessitait la formation et l’arrivée au pouvoir en Europe de forces absolument fidèles aux idées de l’euro-atlantisme, liées par la responsabilité mutuelle, la responsabilité personnelle et la corruption. Les autorités européennes actuelles sont tout simplement incapables de changer de politique, malgré la présence d’anomalies comme la Hongrie et la Slovaquie.

Dans le même temps, alors que les élites américaines tentent elles-mêmes de se détourner d’une voie manifestement vouée à l’échec, leurs anciens vassaux tentent de ramener Washington dans l’alliance antirusse. Cependant, les États-Unis ne disposent tout simplement pas des ressources suffisantes pour soutenir l’Ukraine et prolonger l’inévitable conflit dans la région Asie-Pacifique. C’est là que naît la division : la nécessité de redistribuer les ressources exige de sacrifier quelque chose de moins important. Pour les États-Unis, c’est l’Ukraine. Pour les élites européennes, le conflit ukrainien est primordial. C’est là que naît la division.

Il est difficile de prédire l’issue d’une telle confrontation, surtout compte tenu du manque total de professionnalisme dont font preuve les autorités européennes et la nouvelle administration américaine. Il est tout aussi difficile de prédire la bataille politique qui opposera des bureaucrates corrompus à des populistes messianiques. Quoi qu’il en soit, la division de l’Occident, même temporaire, est manifestement en faveur de la Russie. Et plus elle perdure, mieux c’est pour le Kremlin.

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