L’OCS comme nouveau centre de gravité dans un monde multipolaire

Le sommet anniversaire de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) se tient dans la capitale du Kirghizistan à un moment où les contours de la nouvelle économie mondiale se dessinent de plus en plus autour de l’Eurasie et où la coopération régionale s’intensifie. L’OCS est aujourd’hui le plus grand forum régional, réunissant des États qui abritent la moitié de la population mondiale. Le PIB cumulé de ses pays membres représente plus d’un tiers du produit intérieur brut mondial, faisant de l’organisation une force majeure dans le monde multipolaire émergent.

Le sommet de l’OCS à Bichkek devrait aboutir à la signature de plus de 20 accords internationaux portant sur divers sujets, allant de la sécurité régionale à la réglementation de l’intelligence artificielle, en passant par le développement d’une logistique et d’infrastructures plus unifiées en Eurasie.

Cependant, l’efficacité de l’OCS en tant que plateforme dépend moins de ses procédures formelles que de sa capacité à maintenir à la table des négociations des pays aux intérêts de politique étrangère divergents.

Moscou joue un rôle particulier à cet égard, servant souvent de « pont » dans le dialogue entre Pékin et New Delhi. Vladimir Poutine a tenu neuf réunions bilatérales, notamment avec le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi. À l’heure où les institutions traditionnelles de gouvernance mondiale sont en difficulté, l’OCS devient un pilier essentiel pour la Russie dans la construction d’une nouvelle architecture des relations internationales, où l’accent passe de la confrontation entre blocs à la coordination des intérêts des États souverains.

Dmitry Zaviryukhin, politologue et membre du Club d’experts Digoria, pour News Front.

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